Quelques mots sur La Bookinerie

Depuis la libération de la Collection Ludomire, j’évoque parfois des projets qui y sont liés, notamment La Bookinerie. Il est encore trop tôt pour décrire ce projet dans les détails, mais il est temps que j’en révèle les contours.

Un projet soutenu par des financements publics en deux phases

Tout d’abord, La Bookinerie est un projet qui a été présenté et retenu par l’aide aux projets novateurs (NPR). Ainsi, nous bénéficions d’un important soutien financier de la Confédération suisse et de la République et Canton de Neuchâtel. Le projet est porté par un regroupement d’entreprises structuré par la société coopérative B2Bitcoin, dont PVH éditions et PVH Labs font partie.

Prévu sur 2023 et 2024, le projet NPR comprend deux volets : le développement d’un logiciel de financement participatif p2p (Boutique online peer-to-peer ou BOP) et un projet pilote utilisant ce logiciel (La Bookinerie).

Un logiciel libre basé sur des protocoles libres

Sans entrer dans le détail des choix techniques, le logiciel de la BOP sera une solution pour mettre en place un financement participatif auto-hébergé qui peut se passer de tout intermédiaire ou plateforme propriétaire. Il offrira une solution complète qui gérera une distribution décentralisée de produits numériques, leur monétisation, la communication avec le public et l’organisation de sa communauté.

Par défaut, il respectera la vie privée du public et proposera nativement des outils p2p. Bien entendu, nous proposerons des services ou fonctionnalités qui serviront de passerelle avec des outils non-libres comme le paiement par carte. Nous faciliterons l’accessibilité au plus grand nombre quitte à faire des concessions de centralisation, mais nous valoriserons l’utilisation souveraine et libre de nos outils.

Le p2p, contrairement aux idées reçues, simplifie beaucoup de processus et nous voulons profiter de ce choix pour éliminer un certain nombre de frictions techniques et d’onéreux ou indiscrets intermédiaires.

La Collection Ludomire comme cobaye

Ce nouveau logiciel, déjà en développement, sera présenté en primeur les 1er et 2 juillet 2023 lors du Festival p2p du Jura (Les Verrières, NE, Suisse). La collection Ludomire servira de cobaye et nous y présenterons une Bookinerie construite spécialement pour l’occasion. Ce sera l’occasion de tester en direct les premières fonctionnalités et bénéficier d’un retour des premiers utilisateurs.

Après cette sortie limitée au Festival, nous planifions de sortir une version alpha plus complète de manière publique en automne 2023. L’idée est d’avoir une plateforme fonctionnelle et durable de distribution et de financement dédiée à la Collection Ludomire sous licence CC BY-SA en format numérique : e-books, pdf et print@home.

Le développement de la BOP se poursuivra et les nouvelles fonctionnalités seront ajoutées à la Bookinerie de la Collection Ludomire au fur et à mesure. Peut-être que d’autres Bookineries seront lancées par PVH éditions, par exemple pour des romans augmentés.

Fin 2024, nous espérons publier une version bêta stable de la BOP.

Un modèle économique basé sur le financement participatif, le copyleft et un réseau de partage

Bien évidemment, le projet-pilote de La Bookinerie donnera un avant-goût des possibilités de la BOP. Mais notre réflexion est allée plus loin qu’une seule boutique ou campagne isolée. La construction du projet est le fruit d’une réflexion sur le financement et le développement de projets d’art libre. La Bookinerie ne prendra tout son sens que lorsqu’elle sera mise en réseau avec d’autres BOP.

Chaque boutique ou campagne auto-hébergée doit devenir un point d’entrée à un vaste catalogue d’œuvres sous licence libre. Les boutiques pourront se lier entre elles pour tisser un réseau culturel et des flux de micropaiements pourront s’établir pour répartir les recettes entre les différents acteurs du réseau : créateurs, producteurs, critiques ou médias.

Il y a encore beaucoup à dire sur notre vision qui s’incarnera dans La Bookinerie et nous le ferons dans de futurs articles.

Le choix de la licence libre

En début d’année, nous avons annoncé la libération de la collection Ludomire. Nous allons parler à présent du choix de la licence qui m’a demandé beaucoup de réflexion. Il faut dire que cette décision implique beaucoup de choses pour un éditeur, bien plus qu’un blogueur qui partage son article.

Les spécificités et contraintes d’un éditeur

Bien que PVH éditions défende des valeurs, nous avons malgré tout des contraintes économiques et administratives qu’il faut satisfaire. Nous dirions donc que notre choix final est autant le fruit d’un certain pragmatisme que de notre volonté de développer la littérature libre.

L’une des principales spécificités d’un éditeur par rapport à l’auteur original, c’est qu’il n’est justement pas l’auteur. La paternité et le droit moral appartiennent à l’auteur. Cela signifie également que l’éditeur doit signer un contrat avec l’auteur. Dans notre cas, ça signifie que l’on doit expliquer et convaincre les auteurs de notre choix de licence.

De plus, au niveau commercial, le rôle d’éditeur ne se limite pas à produire des copies de l’œuvre et de les vendre. L’éditeur est également responsable de la promotion de l’œuvre et de son exploitation, une sorte d’agent artistique. Nous devons en quelque sorte «veiller aux intérêts de l’œuvre» pour qu’elle trouve son public et passe à la postérité. Cela touche aux droits secondaires : adaptation, traduction, suite, etc.

La licence Creative Commons BY

Les licences qui se rapprochent du domaine public (CC0 ou WTFPL) sont tout de suite à exclure car elles ne sont pas vraiment adaptées pour les lois suisses et françaises du droit d’auteur. La licence CC BY est donc la plus permissive que l’on puisse réellement choisir.

Mais, je ne pense pas qu’elle puisse être adaptée pour un éditeur d’œuvres artistiques. En laissant la possibilité d’une adaptation propriétaire, elle rend possible une utilisation parasite de l’œuvre libre du point de vue d’un éditeur. Quel intérêt aurait PVH éditions à promouvoir de telles œuvres dans un salon de la traduction ou de l’adaptation télévisuelle ? Un éditeur étranger pourrait se passer de notre concours et nous n’aurions même pas les retombées de renommée comme un auteur.

De mon point de vue, la licence CC BY est une licence bâtarde entre un développement sous contrôle, propriétaire et le développement organique libre et inappropriable que permet le copyleft. Je la trouve bien utile lorsqu’il s’agit de partager des pratiques ou des modèles (nous l’utilisons par exemple pour notre notice print@home). Mais elle me semble complètement inappropriée pour du contenu artistique pouvant faire l’objet d’une commercialisation et ayant nécessité un investissement important, humain et/ou financier.

Les Licences Art Libre et Creative Commons BY-SA

C’est donc tout naturellement et de manière très pragmatique que nous avons choisi une licence intégrant le copyleft. Tout d’abord, elle prévient l’utilisation parasite, car toute adaptation peut être récupérée par l’éditeur et l’auteur. De plus, la Licence Art Libre et CC BY-SA ont l’avantage d’imposer des règles standards dans l’exploitation de l’œuvre, ainsi il est très facile de savoir quelles sont les conditions de réutilisation des adaptations. Clairement, l’énorme avantage de ces licences, c’est que tous les contributeurs et les versions soient «à la même enseigne». D’ailleurs, c’est une excellente chose que ces deux licences aient fait un effort de compatibilité.

En réalité, je pense que ces licences copyleft permettent le maximum de collaboration de deux manières. Tout d’abord, tout un chacun peut s’approprier l’œuvre dans son coin sans demander à personne et en ayant toutes les garanties de pouvoir exploiter son travail d’adaptation. Mais d’autre part, le fait de ne pas pouvoir imposer un copyright sur une adaptation incite à collaborer avec les acteurs qui ont la légitimité publique de faire concurrence : l’éditeur et l’auteur originaux. Ainsi, je pense que c’est un excellent incitatif à une collaboration saine, d’autant plus que chacun est libre de refuser les conditions de l’autre si elles ne conviennent vraiment pas. Je pense que c’est vraiment ainsi que j’ai toujours aimé travailler et que j’envisage toutes les collaborations futures de PVH éditions.

Lorsque nous savions quel type de licence nous voulions, il nous fallait choisir entre la Licence Art Libre et CC BY-SA. Elles sont complètement compatibles, mais chacune d’elle a ses particularités :

La Licence Art Libre est historiquement la première et est nativement francophone, c’est des choses pour lesquelles je suis sensible. Elle s’inscrit dans la tradition «européenne continentale» du droit d’auteur. Sa formulation est agréable à la lecture, plus philosophique que juridique. Elle porte une vision de l’art qui se rapproche de celle que j’aimerais expérimenter avec PVH éditions.

Le CC BY-SA est plus formel et dans la tradition anglo-saxonne du copyright. Étant plus utilisé, son logo est reconnaissable et reconnu. Il a l’avantage d’avoir des licences sœurs modulables et concrètes. Ce sont ces licences : CC BY et CC BY-NC-SA que PVH éditions avait déjà utilisé par le passé.

Le choix final

Nous n’allons pas laisser durer le suspense plus longtemps (surtout que le logo illustre cet article). Nous ne voulions pas vraiment choisir entre les deux, d’autant plus qu’elles sont compatibles et interchangeables. Nous avons donc envisagé de les prendre les deux, mais ce n’était pas souhaitable : cela pourrait créer la confusion auprès de partenaires qui ne connaissent pas ou mal ces licences. Les premiers d’entre eux sont les auteurs qui doivent déjà signer un contrat d’édition et une licence complète dans les annexes. En ajouter une deuxième aurait été une complication inutile. Nous avons donc choisi la licence CC BY-SA pour sa structure plus formelle, pour son succès et ses sœurs que nous utiliserons certainement encore (notamment CC BY et CC0).

Mais c’est oublier que le texte de la licence est lui-même sous licence libre (CC BY). Nous nous sommes donc dit que nous allions simplement prendre cette liberté pour créer notre propre label Œuvre libérée qui n’est autre qu’un simple copier coller de la licence CC BY-SA. Il s’agit surtout d’une manière de mettre en lumière notre démarche éditoriale et d’avoir une bonne excuse pour mettre côte à côte les deux licences CC BY-SA et Licence Art Libre sur un pied d’égalité. C’était également l’occasion de mettre en évidence la compatibilité entre les deux licences, si semblables et si complémentaires. Administrativement, pour simplifier nos démarches, Œuvre libérée et Licence Art Libre ne seront pas évoquées dans les contrats et dans les partenariats, nous utiliserons seulement le CC BY-SA. Le principe cardinal est : « Laissons s’exprimer la richesse de l’art libre, et cantonnons le pragmatisme à la paperasse ! »

Concours de création littéraire Utopie p2p

À l’occasion de la libération de sa collection Ludomire et pour accompagner le lancement de sa boutique p2p La Bookinerie, PVH éditions a lancé un appel à textes en français qui s’est terminé le 3 septembre. Le thème était « Utopie/Dystopie peer-to-peer/business to consumer », le texte inédit devait contenir le nom « Satoshi Nakamoto ».

Le concours prévoit un prix en sats, l’équivalent de tout ce qui se trouve sur l’adresse bc1qnqpfydv9amqewthfjmskh03t2aunafv2wvpmm6. L’équipe éditoriale se réserve le droit de partager et d’attribuer à sa convenance la récompense aux auteurs·rices primés·es.

Nous avons reçu 28 textes que nous sommes en train de lire et juger :

Shootgame
Les Convergences du Temps
Les Voisins de l’Autre Rive
Les havres blancs
Kamükazäl
Le retour
Danse dans le noir
Les Sims «éditions planétaire»
No Gafam City
L’affaire des amulettes bon marché
Le prix de tout
Sans Nom
Black-Jack
Au clair de lune
Gildum Memoria
Les singes
La faille
Fukuoka, les Rats en veste léopard
Chronique d’un crevard
SourceDrop
L’épopée de L’Orion
La fin des quêtes
KIVU CITY
Dystrophie
UCU
Le BloB
2030, mince nous ne l’avons pas vu venir

Notre Discord est toujours ouvert pour discuter : https://discord.gg/3B92KzYbpW

Nous espérons donner les résultats avant la fin de l’année.

PVH éditions

Règlement du concours

Général

  1. PVH éditions se réserve le droit de préciser et compléter le présent règlement jusqu’au dernier moment.
  2. En cas de doute sur l’interprétation du règlement, prière de prendre contact avec l’organisation (Discord ou e-mail).
  3. Tout recours judiciaire est exclu.

Participation et remise du texte

  1. Le concours est ouvert à tous·tes.
  2. Les participations anonymes sont autorisées, prière d’indiquer toutefois un pseudonyme avec votre texte.
  3. Les textes doivent être en français.
  4. Les textes doivent relever de la science-fiction, fantasy ou du fantastique dans leur acceptation la plus large.
  5. Les textes doivent traiter du thème « Dystopie/Utopie p2p/b2c» (peer-to-peer/business to consumer).
  6. Les textes doivent comprendre le nom « Satoshi Nakamoto ».
  7. Le participant doit être l’auteur du texte. Le recours à une IA pour la rédaction des textes ou le plagiat sont interdits. Tout soupçon est éliminatoire.
  8. Aucune limite de signes n’est imposée.
  9. Les textes doivent être envoyés au format odt à l’adresse concours-p2p chez pvh-editions point com (remplacez le chez par @ et point par .) jusqu’au 3 septembre 2023 à 23h59. Le sujet de l’e-mail doit être : [Participation] Titre de l’œuvre, nom/pseudo de l’auteur·rice.
  10. Les textes reçus après expiration du délai d’envoi ne seront pas pris en compte. Aucun délai supplémentaire ne pourra être accordé.

Critères de jugement, délibération et verdict

  1. Les critères de jugement principaux sont la qualité de l’écriture, l’originalité du texte et l’appropriation des contraintes du concours.
  2. PVH éditions ne s’engage pas à faire un retour de lecture aux participants.
  3. PVH éditions se réserve le droit d’organiser les délibérations à sa convenance.
  4. PVH éditions rendra son verdict pour le 31 janvier 2024 au plus tard. Il sera publié sur le blog de PVH éditions et envoyé par e-mail à tous les participants.
  5. PVH éditions désignera un ou plusieurs textes gagnants qu’elle peut présenter et classer librement.

Récompense et édition des gagnants

  1. La récompense du concours est visible sur l’adresse Bitcoin : bc1qnqpfydv9amqewthfjmskh03t2aunafv2wvpmm6
  2. PVH éditions répartit librement la récompense entre tous les gagnants, en tenant compte de la longueur et la qualité des textes.
  3. Tous les gagnants se verront proposer un contrat d’édition dans la collection Ludomire pour éditer leur texte dans un recueil ou un livre dédié. Ce contrat prévoit une édition sous la licence libre Creative Common CC BY-SA.
  4. Tous les droits des textes soumis au concours appartiennent à leurs auteurs. Néanmoins, PVH éditions demande aux auteurs·rices de ne pas soumettre les textes soumis au concours à un autre éditeur avant l’annonce des résultats.
  5. Les textes non retenus ne font l’objet d’aucune rémunération ou récompense.

FAQ

L´écriture à quatre mains est-elle acceptée ?

Oui, il est tout à fait possible d’écrire à plusieurs.

Combien de textes éditerez-vous exactement ? Comment comptez-vous les publier ?

Nous n’avons aucune idée du nombre et de la qualité des textes que nous recevrons. L’objectif est de repérer tous les textes de qualité que l’on nous proposera et de les éditer. Nous planifierons tout cela quand nous aurons désigné les textes gagnants. Ils seront publiés dans la collection Ludomire, sous la forme de roman, de novela (comme À l’orée de la ville), de recueil de nouvelle ou même de nouvelle seule (comme Mésaventure).

Articles et mises à jour concernant le concours

Annonce – La libération de la collection Ludomire

Cela fait déjà quelques temps que nous l’évoquons autour de nous, mais en ce début 2023, nous l’annonçons officiellement :

PVH éditions va libérer sa collection-phare Ludomire. Elle comporte déjà 16 ouvrages et devrait s’enrichir de 12 nouveautés en 2023 et 2024.

Qu’est-ce que cela signifie ?

En 2023, PVH éditions va sortir une version numérique de tous les romans de la collection Ludomire (sous réserve de l’acceptation des auteurs) sous une licence libre, CC BY-SA. Cette version sera déclinée en print@home pour faciliter l’impression en papier.

Nous espérons que cela favorisera la diffusion des œuvres et leur appropriation par le public.

Pourquoi cette décision ?

Cela fait deux ans que notre intérêt pour la culture du libre est inscrit dans notre ligne éditoriale. C’est donc quelque chose qui nous trotte dans la tête depuis déjà longtemps. Nous avons déjà utilisé une licence ouverte (CC BY-NC-SA) pour les fichiers print@home et nous avons intégré des licences libres dans certains contrats d’auteur pour des situations bien précises. De plus, nous comptons parmi nos auteurs de la collection Ludomire, des auteurs qui publient déjà parfois sous licence libre : Ploum, Aquilegia Nox et Thierry Crouzet. On peut dire que nous étions déjà sur la bonne voie.

Jusqu’à présent, nous avions deux difficultés pour sauter le pas du libre : la crainte de devoir justifier un tel choix auprès de partenaires indispensables comme les diffuseurs et la nécessité économique d’avoir un catalogue permettant d’assurer la pérennité financière de notre petite maison. Pour la seconde, il faut la comprendre ainsi : nous avions d’autres priorités plus vitales à gérer avant d’expérimenter l’édition sous licence libre.

En 2022, grâce à un travail de fond, nous sommes parvenus à finaliser un catalogue qui a su séduire le diffuseur pour la France et la Belgique qu’il nous manquait. Depuis novembre 2022, une partie de nos livres sont dans toutes les librairies, notamment la collection Ludomire. Au même moment, un de nos projets mêlant logiciels libres p2p et édition a obtenu des financements publics importants du Canton de Neuchâtel et de la Confédération suisse. Notre décision de libération de la collection Ludomire s’accorde particulièrement bien avec ce projet mêlant technologie et littérature. Ce projet, la Bookinerie, nous offre une opportunité unique pour explorer l’édition libre en profondeur avec un relatif confort.

Pourquoi ne pas le faire tout de suite ?

Cette annonce peut sembler anodine, mais elle ne l’est pas du tout. Historiquement, le copyright a été spécialement inventé pour protéger l’éditeur d’une exploitation commerciale concurrente des œuvres qu’il édite. Les droits secondaires (adaptations, traductions, interprétations, …) sont également une source financière qui participent au modèle économique des éditeurs. Même si cela ne représente pas un risque inconsidéré pour PVH éditions, il ne faut jamais oublier que l’éditeur dépend d’autres acteurs pour ses activités : des auteurs, des diffuseurs (livres, e-books, livres audio), des graphistes, des illustrateurs, etc. Notre décision n’implique donc pas que nous.

Nous prendrons donc le temps de faire les choses correctement. Nous identifions trois défis liés à la libération de la collection Ludomire.

Un défi éditorial

Tout d’abord, cette décision va modifier certains de nos processus et modèles. Nous devons modifier les contrats des auteurs et pour toutes les autres contributions créatives, comme les illustrations et le graphisme. Nous devrons également imaginer et produire des fichiers qui prennent en compte les contraintes ou les limites de notre licence libre.

Ensuite, nous aimerions également profiter de l’occasion pour enrichir la collection Ludomire d’œuvres en lien avec son évolution. Nous lancerons donc un concours littéraire, le règlement et les détails seront publiés la semaine prochaine.

Un défi pédagogique

La première chose qu’il va nous falloir faire, c’est d’expliquer à nos auteurs ce que signifie cette libération. Il y en a qui se sont montrés inquiets et nous avons promis de prendre le temps de bien leur expliquer l’implication de la licence libre. Nous espérons que tous accepterons de signer le nouveau contrat qui intègre une édition sous licence libre. Nous souhaitons également bien informer en amont tous les auteurs qui veulent nous soumettre leur manuscrit sur notre choix éditorial.

Nous devrons également informer nos partenaires. Il y aura également du travail lorsqu’il s’agira de trouver des partenaires pour des adaptations ou des traductions. L’objectif n’est pas uniquement de rester isolé dans nos démarches, mais de sensibiliser à notre échelle d’autres acteurs du livre.

Nous voyons également dans cette libération une fantastique occasion de faire parler d’Art libre dans les événements littéraires et dans les médias. Nous espérons que nous susciterons la curiosité pour cette manière de concevoir le partage culturel auprès du public et des auteurs.

Nous pensons qu’il y a également un véritable travail pédagogique à faire auprès des libristes eux-mêmes. Au fil de divers échanges en ligne, j’y ai lu beaucoup d’incompréhension concernant le rôle de l’éditeur. Qu’apportons-nous à l’œuvre ? Quelles sont les charges financières qui justifient des droits d’auteur aussi faibles ? Nous nous efforcerons d’écrire régulièrement sur ce blog pour expliquer au mieux notre rôle. Nous essaierons d’être le plus transparent possible et j’espère convaincre les plus sceptiques que nous ne sommes pas juste des parasites qui vivent aux crochets des auteurs.

Un défi financier

Bien entendu, nous ne souhaitons pas que cette libération soit un simple feu de paille. Pour cela, nous souhaitons trouver une manière de valoriser financièrement notre collection sous licence libre. Financer le travail éditorial qui pérennise la collection Ludomire est le meilleur moyen de poursuivre l’expérience. Un succès ou un échec financier influera également sur l’impact de notre décision auprès d’autres acteurs du livre et du public.

Il y a ici le plus grand et délicat chantier lié à cette libération. Par chance, nous pouvons compter sur une bonne situation, un catalogue solide et des soutiens technique et financier dans notre tâche.

Voilà, nous vous avons décrit les grandes lignes de notre projet de libération d’une collection et nous nous efforcerons d’entrer plus dans les détails dans de futurs billets de blog.